ARSP et contrôle des sous-traitants : quel impact à Kolwezi ?
Kolwezi — Dans le cœur industriel du Lualaba, la sous-traitance minière est un maillon stratégique. Mais elle est aussi un terrain où se jouent transparence, équité et développement local. Depuis la mise en application de la loi n°17/001 sur la sous-traitance en 2017, l’Autorité de Régulation de la Sous-Traitance dans le Secteur Privé (ARSP) multiplie les contrôles. Alors, que change réellement son action dans une ville comme Kolwezi, capitale minière de la RDC ?
Une mission de régulation renforcée
Créée pour veiller au respect de la loi, l’ARSP a pour mandat de garantir que les contrats de sous-traitance soient attribués en priorité à des entreprises à capital majoritairement congolais (minimum 51 %).
À Kolwezi, où opèrent des géants comme Kamoa Copper, Kamoto Copper Company ou Metalkol, cette mission prend un relief particulier : la ville concentre une grande partie des activités minières du pays et donc des marchés de sous-traitance.
Des inspections plus visibles sur le terrain
En 2024, l’ARSP a mené plusieurs opérations de contrôle dans les zones minières de Kolwezi. Les équipes ont vérifié la conformité des sous-traitants, examiné les registres de capital et inspecté les sites où travaillent des prestataires.
Certaines entreprises ont été mises en demeure pour non-respect de la loi ou pour avoir recouru à des sociétés écrans enregistrées localement mais contrôlées par des capitaux étrangers.
Un impact concret sur l’attribution des marchés
Les contrôles ont permis à plusieurs PME congolaises de gagner en visibilité et d’accéder à des contrats auparavant inaccessibles. Par exemple, sous l’impulsion de l’ARSP, Kamoa Copper a signé plus d’une dizaine de partenariats avec des PME locales dans le Lualaba.
Ces actions contribuent à rééquilibrer les rapports de force entre multinationales et entrepreneurs congolais.
Des défis persistants
Malgré ces avancées, des défis restent entiers :
- Des multinationales continuent de contourner la loi via des entreprises de façade.
- Le manque de capacités techniques et de certifications limite encore la compétitivité des PME locales.
- Certains prestataires dénoncent la lenteur administrative dans le traitement des plaintes ou des validations de contrats.
Et après ?
L’ARSP prévoit de renforcer sa présence sur le terrain à Kolwezi en 2025, avec des contrôles inopinés, la digitalisation des procédures et la publication de rapports publics sur la conformité des sous-traitants.
Si ces mesures sont appliquées avec rigueur, Kolwezi pourrait devenir un modèle national en matière de sous-traitance minière équitable et transparente.